Kayanza: Ville menacée par des ravins

Quatre ravins menacent les zones périphériques de la ville de Kayanza dont le plus dangereux est celui se trouvant sur la sous – colline Kinyovu qui a déjà emporté six maisons.

Ce dernier a environ 50 m de longueur, 15 m de large et plus de 20 m de profondeur.

Jacqueline Mukeshimana, résidente de cette sous- colline dans une maisonette se trouvant à moins de 5 m du ravin s’inquiète : « ce ravin tire ses origines dans des eaux de ruissellement, il s’est agrandi au fur du temps au vu des administratifs qui n’ont rien fait pour l’arrêter. Nous avons encore la chance que nos maisons n’ont pas été emportées par ce ravin mais nous savons bel et bien que demain sera notre tour. Nous n’avons nulle part où déménager faute de moyens. Nous craignons qu’une certaine nuit, nous allons nous retrouver au fond de ce ravin qui continue de s’élargir. Il faut que le gouvernement nous montre où nous pouvons nous réinstaller avant que le pire n’arrive.»

Cette inquiétude est partagée par Rita Manirakiza, une veuve qui a déjà perdu ses deux maisons qui étaient construites à proximités des lieux.
« Nous avons vendu le terrain que nous avions à la campagne ( à Bubezi) pour nous installer ici en ville. Voilà que nos deux maisons n’existent plus. Actuellement, moi et mes enfants sommes redevenus locataires. Nous n’avons plus où aller. Je demande aux administratifs de nous donner d’autres parcelles et de nous faire construire des maisons comme nous n’avons plus de moyens pour le faire nous-mêmes.»

Jean Baptiste Nzeyimana, chef d’antenne de l’Office Burundais de l’Habitat et de l’urbanisme ( OBUHA en sigle) à Kayanza, regrette que la population continue d’acheter et de construire les parcelles au vu des administratifs à la base dans des zones interdites pour l’habitation à moins de 25 mètres des rivières.

Le comble de malheur, indique t-il, ces personnes ont peu de moyens comme il le témoigne avant de tranquilliser.

« Nous avons déjà contacté certains bailleurs comme la Banque Africaine de Développement (BAD en sigle) pour qu’ils puissent financer la construction de ce ravin ainsi que trois autres qui menacent la ville de Kayanza.
Ils ont même été sur les lieux pour constater eux-mêmes l’état des lieux. Nous attendons leur réponse et nous pensons qu’elle sera favorable. En attendant, nous continuons de nous concerter avec l’administration locale pour chercher un endroit où la population menacée pourrait se mettre à l’abri.»

Vous saurez que les habitants du quartier Gatwaro qui abritant le stade Gatwaro ont déjà envoyé une correspondance au gouverneur de la province Kayanza pour lui mettre au courant d’un probable d’effondrement de tout ce quartier menacé aussi par un autre ravin.

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