Kabarore : Le vol du coltan vers le Rwanda continue

Il n’y a pas 3 mois, Kenny Claude Nduwimana, porte-parole de la société minière « Burundi Minerals Exploitation »(BME), la seule exploitant du coltan et la Cassitérite dans la commune Kabarore de la province Kayanza (nord ouest du Burundi) criait scandale du vol de coltan perpétré par certains hauts cadres dans sa permettre d’exploitation.

Il accusait également son prédécesseur le COMIBU (Comptoir d’Exploitation des Minerais) d’être le bouc émissaire de ces cadres qui s’en appropriaient pour leurs propres avantages.

Lors d’une conférence de presse de présentation de l’état des lieux de la production minière qu’il a animé le mercredi 24 septembre, Kenny Claude Nduwimana a déploré que ces minerais du Burundi s’acheminent vers le Rwanda voisin.

Nduwimana s’est dit surpris de voir que ces autorités (sans préciser qui sont-ils) s’en approprient au détriment des employés qui ne recevaient rien comme rémunération. Le trésor public ne bénéficiait rien, non plus la commune abritant le site d’exploitation.

Or, a-t-il martelé, la société n’a jamais cessé d’enregistrer une grande quantité de récolte de minerais. Malheureusement, elle déclarait de fausses quantités.

A l’opposé de la société COMIBU qui ne produisait que 400 kilogrammes par mois, l’actuelle le BME peut atteindre depuis sa mise sur pied en 2016 une production mensuel d’environ 25 à 30 tonnes, a-t-il fait savoir.

La véracité de ses accusations de fuite des minerais à Kabarore semble se justifier par des cas de vol quasi-quotidien que l’administration provinciale et les forces de l’ordre de Kayanza continuent d’enregistrer ces derniers jours.

Dans l’après midi de ce dimanche 6 novembre 2022, un motard a été appréhendé par la police en possession de 66,5 kilogrammes de coltan. Le butin était sur une moto immatriculé FA 5077, à destination du Rwanda, pays voisin, selon nos sources à Kabarore. Cette quantité est actuellement aux mains du procureur de Kanyanza.

Malheureusement, le motard a réussi à prendre le large alors qu’un homme soupçonné d’être le propriétaire est en train d’être auditionné par la police pour plus de détails.

De ce qui précède, l’administrateur de Kabarore, Berchmas Nsaguye invite la population à la vigilance et à la dénonciation de cas soupçonnés de fraude de minerais.

La commune Kabarore est très voisine du Rwanda de telle sorte que les frontières physiques telles que les rivières et les cours d’eaux ne se remarquent pas facilement.

Cette proximité alimente la fraude des minerais par le fait qu’il est plus facile de traverser quant il s’agit des exfiltrations ou infiltrations.

Les actes de fraude s’opèrent pour toutes ces raisons de plusieurs façons. D’après les enquêtes de la société BME, indique Nduwimana, des burundais cachent les minerais dans leurs bidons sous prétexte qu’ils aillent puiser de l’eau dans ces cours d’eaux séparant les deux pays.

Ces derniers remettent les bidons contenant des minerais aux rwandais, qui en retour remettent des bidons remplis d’eaux au burundais, révèlent les enquêtes de la société.

De plus, selon toujours ces enquêtes, des femmes en bande ont été appréhendées en possession d’une quantité de minerais qu’elles avaient emballé dans les pagnes qu’elles portaient.

Le porte-parole de cette société demande aux habitants de prendre conscience des avantages actuels issus de cette exploitation minière.

Plusieurs natifs ont été embauchés en grand nombre passant de 200 il ya 29 ans à 400 employés. Les habitants de la localité ont bénéficié en contre-parti des salles de classes, des maisons pour indigents, etc… De plus, les jeunes entrepreneurs ont reçu des chèvres et les veuves de petits capitaux pour s’auto développer.

Pour rappel, la société BME reste la seule bénéficiaire d’un permis d’exploitation. Les autres ont été suspendus par le chef de l’Etat Evariste Ndayishimiye pour négociation de nouveaux contrats.

Il avait critiqué des contrats avec les sociétés internationales qui opéraient dans le domaine des terres rares de Gakara, de l’or de Muyinga et du coltan de Kabarore. Il les accusait de contenu opaque par rapport à un manque à gagner de la part de l’Etat. D’où la suspension de toute les sites d’extraction jusqu’à un nouvel ordre.

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