Gitega: Une jeune fille témoigne sur sa séropositivité au VIH/SIDA

Le 1er décembre de chaque année, c’est la Journée Mondiale dédiée à la lutte contre le Sida:

L’Equipe du journal s’est rendu en province de Gitega la capitale politique du Burundi où elle a mené un entretien avec une fille du quartier Mushasha qui vient de passer 30 ans avec le VIH/SIDA.

Elle a accepté de témoigner comment elle a été atteinte, chose étrangère car, moins de filles acceptent de se prononcer et d’assumer ouvertement leur situation de séropositivité.

Elle nous a d’abord raconté dans un premier temps son occupation quotidienne avant de témoigner et donner des conseille à ses amis qui n’ont pas encore osé dire leur séropositivité.

Son témoignage est un message d’espoir et de courage pour des milliers de jeunes vivant avec le VIH au Burundi .

2. Bonjour, peux-tu te présenter ?

Elle, c’est Beathe  Nzeyimana: Bonjour je m’appelle Beathe Nzeyimana, native et résidente de la commune et province de Gitega dans le quartier Mushasha,  précisément à Masenga. J’ai 30 ans et suis diplômée en électricité industrielle. Maintenant je viens de faire une année de pratique. Mon occupation actuelle c’est le petite commerce et en même temps la vannerie. Je suis séropositive du VIH/SIDA, je suis née avec ce fléau.

2. Quand est-ce que tu as connu que tu vis avec le VIH/SIDA, et Comment as tu accueilli cette nouvelle ?

Elle : Je l’ai connu en 2005 après la mortde ma mère. Primo, je l’ai attendu de bouche à l’oreille quand quelqu’un qui nous a adopté disait à nos amis: «ces enfants souffrent des choses graves, éloignez vous d’eux pour qu’ils ne vous contaminent pas « . Secundo, on aimait me donnait des médicaments me disant que c’est pour soigner les yeux. Un jour j’ai demandé à un des employés de la structure de santé où je prenais ces médicaments, C’est bien lui qui m’a révélé que je suis née avec le VIH SIDA. Le jour où j’ai eu cette mauvaise nouvelle, je l’ai mal accueillie, mais puisque je n’avais pas quelqu’un de mes cotés pour me calmer et m’essuyer les larmes, j’ai jugé bon d’accepter et vivre la situation telle qu’elle se présente.

3. Comment était la situation à l’école et dans l’entourage après avoir su cela?

A l’école tout le monde me sous-estimait, se moquait de moi en disant dans leur jargon habituel: « on enterrera la chemise ».  Visiblement dans le voisinage, je n’éprouvais aucune difficulté sauf qu’il ya certains qui empêchaient leurs enfants de venir nous rendre visite pour qu’ils ne soient pas eux aussi contaminés. Mais c’est l’ignorance qu’ils ont car, je ne suis pas malade du SIDA, mais  plutôt je suis séropositive, être malade du SIDA signifie qu’on est à l’agonie.

4. A part celui à qui tu dis que tu est séropositive, personne ne peut le savoir. Quel moyen adoptes tu pour rester très en bonne santé ?

Ouah, c’est vrai, personne ne peut le savoir sans que je lui dise ça moi-même. Ce qui m’a aidé, c’est d’abord l’estime de soi et le pardon que j’ai donné à mes parents. Je prends des médicaments comme me l’a prescrit le médecin et puis après je m’abstiens à des rapports sexuels en vue de me prévenir contre d’autres virus. J’ai aussi évolué au prés des Sœurs catholiques où elles nous montraient des films des blancs vivant avec le VIH/SIDA. Ces derniers se sont mariés et par après, ils ont eu des enfants de bonne santé.  Moi, au lieu de penser à la mort, j’ai pensé plutôt préparer mon avenir.

5. Y’a t’il des défis rencontrés par les jeunes en général et les filles en particulier séropositifs?

Des problèmes ne manquent pas. Il y’ en a ceux qui, jusqu’à maintenant n’acceptent pas qu’ils sont séropositifs,  ne prennent pas des médicaments, les autres les prennent difficilement, il y a aussi ceux qui jettent le tors sur leurs parents ou mari(e)s, certaines filles ont peur de se prononcer pour qu’elles ne soient pas abandonnées par leurs aimés. Elles préfèrent se taire. Dans l’avenir, cette attitude engendre des malentendus dans les familles sans oublier des contaminations mère-enfant.

 6. En guise de cette journée mondiale de lutte contre le Sida, quel conseil peux-tu donner aux jeunes comme toi ?

Le conseil que je donne, c’est que cette journée soit pour nous une occasion d’espérer la vie, de bien prendre les médicaments comme prescrit par le médecin, d’oublier nos causes de contamination. Pour ceux qui n’ont pas encore eu le courage de le dire officiellement, je leur conseille de prendre au moins les médicaments antirétroviraux. Enfin, j’aimerais dire que quelqu’un qui est séropositif une fois bien se comporter, et se tenir bon, il meurt à sa date lui destinée par Dieu le tout Puissant.

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