Gitega: Les femmes exercent des métiers censés réservés aux hommes

Depuis que le gouvernement du Burundi ait mené des sensibilisations appelant toute la population à s’atteler aux différentes activités génératrices de revenus, les femmes n’ont pas été mises de côté.
Dans plusieurs coins de la capitale politique de Gitega, des femmes ont répondu à l’appel. Elles font des métiers supposés réservés aux hommes.

Voici l’entretien d’une femme d’exception, Iradukunda Emelyne, une bouchère qui dit qu’elle ne meprisera jamais son métier de boucher car sa famille vit grâce à cela.

Q/Bonjour Madame, vôtre présentation,

R/ je m’appelle Iradukunda Emelyne, je suis mariée et j’ai trois enfants. J’habite au quartier kabogi, colline Rutegama, commune et province de Gitega.
Q/ Quel est ton travail quotidien?
R/ je fait la boucherie de porc il ya plus de 11 ans.

Q/ Un boucher c’est quoi pour ceux qui ne le savent pas?

R/ Un boucher est celui qui peut abattre et vendre la viande. Moi comme femme, je suis une bouchère.

Q/ Pourquoi as tu choisi la boucherie ?

R/ je me suis lancée dans ce métier quelques jours de mon mariage après avoir abandonné l’école étant en 7ème. Mon mari était lui aussi élève. vu cette situation, j’ai décidé de retrousser les manches. J’ai commencé le métier à Bujumbura et après, j’ai déménagé vers Gitega.

Q/ Comment es tu considérée dans ce métier réputé pour les hommes ?

R/ Aoh, beaucoup de gens sont étonnés, d’autres se moquent de moi, il y en a même ceux qui méprisent mes rêves surtout les filles et femmes. Elles disent qu’elles ne pouvez pas faire la boucherie, les autres disent qu’un jour je risquerai de poignarder mon mari. Certains hommes m’ont soutenu se lamentant : « si j’aurais une telle femme…….. »

Q/ Est ce que le métier de boucherie peut subvenir vos besoins?

R/ Bien sûr, par exemple chez moi, c’est ma base de vie familiale. Si tu t’engages bien, ton enfant ne peut pas voler ou mourir de faim. A part que j’assure la vie de ma famille, je suis aussi membres des groupements d’épargne et de crédits.

Q/ Quel était vôtre base et où en es tu aujourd’hui?

R/ j’ai commencé à partir de 5 kg, mais aujourd’hui j’abbas un porc entier. J’ai payé les frais universitaires de mon mari ainsi que d’autres matériels nécessaires pour ses études. J’ai aussi payé pour les études de mon beau frère, ma belle sœur. Ensuite, grâce à ce métier, nous avons nos propre habitation, pour ne citer que cela.

Une femme bouchère de Gitega/Photo de Jacqueline Uwizeyimana/Burunga News

Q/ Est il facile pour toi de vivre avec un mari intellectuel alors que toi tu ne l’es pas?

R/ Oui parce qu’il m’aime et m’avait promis de rester à mon côté qu’il soit dans la joie ou dans la misère. Beaucoup me disaient qu’il m’abandonnera après ses études étant donné que nous n’étions pas enregistrés à l’état civil. Heureusement qu’après sa défense de fin d’étude, nous nous sommes mariés légalement.

Q/ Quels sont les défis rencontrés dans le métier ?

R/ Des fois, le capital me manque puisque le l’utilise pour satisfaire d’autres fins, ce qui peut freiner mon travail pendant au moins 2 ou 3 jours. Un autre défis est le lanque d’espace où je peux élever les porcs parceque j’aimerais vendre la viande des porcs que j’ai élevé moi même. En plus j’occupe une petite partie de celui qui vend de la bière, j’aimerais aussi vendre les deux à la fois, mais les moyens ne me le permettent pas.

Q/ Ton métier contribue t’il dans le développement du pays ?

R/ Oui, je paie des taxes communales, et à part la contribution familiale, je contribue en tant que femme dans ma communauté.

Q/ Quel appel lancé au filles et femmes en général ?

R/ Je lance un appel aux jeunes filles de s’engager au travail étant encore jeunes. Un appel est également lancé à l’endroit des femmes de retrousser leurs manches afin de travailler pour leurs familles respectives car il n y a pas de place pour les paresseux.

Qu’elles sachent qu’un mauvais boulot est celui qui ne génère pas de revenu, aujourd’hui, il n’y a pas de travail pour les hommes ou les femmes.

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