Burundi: Les commerçantes du secteur transfrontalier face à plusieurs menaces

Les échanges commerciaux transfrontaliers dans la région des grands Lacs (Burundi, le Rwanda, la République Démocratique du Congo et l’Ouganda) sont majoritairement informels. Ce petit commerce qui s’opère en grande partie par les femmes permet l’approvisionnement en bien surtout les produits vivriers vers des régions qui ne produisent pas assez pour couvrir leurs besoins.

Malheureusement, quelques obligations font défauts à ce mécanisme de survie et d’emploi pour au moins 45000 selon alerte international l’initiateur du projet Mupaka Shamba Letu, « La frontière nôtre gagne-pain », une initiative de dialogue transfrontalier qui réunie les maires des villes frontaliers de ces pays.

Lors de la Plateforme (PALPAGL) de ces Autorités Locales et les membres des associations des commerçant(e)s, les femmes commerçantes ont dénoncé des problèmes variés auxquels elles sont confrontées soit au franchissement des postes-frontières soit pendant la demande des documents migratoires dans leurs pays d’origines.

Au Burundi, avec les appels et la mobilisation à l’autonomisation des femmes, ces dernières ont espéré qu’elles vont avancer vers le commerce formel.

Fort regrettable est de constater qu’elles sont en train d’être bousculées en arrière par des mesures prises.

Selon Kwizera Gentille de l’Association des Commerçants Transfrontalier (ACTIF bu), certaines décisions des autorités handicapent ce processus d’autonomisation de la femme alors qu’on supposait faire un pas en avant.

« Souvent, on prend des décisions qui freinent le développement des petits commerçant(e)s alors que ceux qui disposent assez de moyens continuent à s’enrichir de plus en plus », a-t-elle fait savoir.

Elles dénoncent d’abord la lenteur et la durée d’obtention du document dit SEPEGL ou elles sont obligées d’attendre quelques jours pour aller faire des achats quotidiennement.  

Ensuite, le passeport qui s’obtient par commande via l’internet décourage également les commerçantes moins avancées.

 Quand bien même la digitalisation de ce document de voyage a été perçue comme un levier de croissance pour certains commerçants, Kwizera quant à lui trouve que c’est un handicap majeur pour les femmes commerçantes en majorité anaphases qui ont du mal à lire et écrie pour pouvoir suivre les procédures de demande de ce document.

 De plus, regrette t-elle, beaucoup d’entre elles ne possèdent pas des Smartphones pour accéder aux informations disponibles sur internet. Elles sont obligées d’engager des dépenses supplémentaires pour aller payer au Cyber alors qu’elles n’en avaient pas assez de moyens.

Bien plus encore, Kwizera Gentille indique qu’une femme qui n’est pas à mesure de faire toutes ces procédures elle-même se sent décourager et éprouve le sentiment du retour à l’informel pour continuer à survivre même si elle aurait des possibilités.

Selon toujours lui, toutes ces obligations menacent  les petites commerçantes à sortir du commerce informel vers le formel.

Elles préfèrent donc opter les voies et moyens courts et rapides d’autant plus que le processus ralentit la circulation des achats.

Les femmes membres des associations opérant dans le secteurs du commerce transfrontalier/Photo Burunga News/Dieudonné Ndanezerewe

Au point frontière, les femmes commerçantes se lamentent des tracasseries de la part des agents officiels de l’Etats chargés de collecter des taxes et des individus qui travaillent dans la clandestinité à l’insu d’aucun gouvernement impliqué dans le commerce transfrontalier.

Ces individus  opérant en contrebandes taxent les commerçant(e)s pour faire traverser leurs marchandises à la frontière.

Bien qu’ils fournissent des services utiles aux commerçant(e)s, ils sont aussi particulièrement dangereux selon ces commerçantes.

Les femmes burundaises signalent également qu’elles rencontrent des problèmes du coté de la RDC.

Elles disent qu’elles sont souvent arrêtées par beaucoup de groupes de personnes pour les rançonner.

A cela selon les victimes s’ajoutent les  taxes officielles et les frais tests COVID exorbitants qui différent au Burundi des autres points d’entrer.

Ces frais élevés sont jugés très injuste par les commerçant(e)s, et constituent selon eux une difficulté pour le commerce transfrontalier.

 Sur ces inquiétudes, Jimmy Hatungimana président de la PALPAGL et maire de la ville de Bujumbura tranquillise.

Il a déclaré au cours des assises de la plateforme que ce commerce transfrontalier à part le renforcement de la cohésion sociale entre les communautés a aussi un impact positif pour les femmes, celui de subvenir leurs familles et de contribuer au développement de ces mêmes communautés.

Voila pourquoi selon Hatungimana il faut harmoniser certaines choses y compris les heures de traverser et de fermeture des frontières.

Il a ajouté qu’il va pour sa part plaider à la réduction des frais tests COVID de 15 à 5 dollars, un tarif appliqué dans d’autres pays membres de la plateforme.

PALPAGL vise donc à renforcer les capacités des commerçants transfrontaliers pour qu’ils utilisent leurs influences pour promouvoir une plus grande cohésion sociale et une coopération régionale accrue.

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